Veille RSE

Veille RSE : édition de février 2026

Février 2026 : exigences RSE renforcées, arbitrages économiques sous tension et réalité climatique

Le mois de février 2026 s’inscrit dans une période où la RSE avance surtout par petites étapes concrètes, plutôt que par grands discours. Les règles se précisent, les exigences augmentent, et les arbitrages entre enjeux climatiques, contraintes économiques et réalités du terrain deviennent plus visibles. Entre évolution des labels, prise en compte croissante de l’environnement dans les règles du jeu économique, pressions sociales et effets déjà bien réels du dérèglement climatique, la durabilité s’impose de plus en plus comme un sujet de décisions majeur au quotidien pour les organisations.

Règlementaire : vers plus de transparence et de reconnaissance

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EcoVadis : vers une communication plus alignée sur les standards ESG

EcoVadis modifie la manière dont ses médailles et badges peuvent être communiqués publiquement. Jusqu’à présent largement utilisées dans les rapports ou sur les sites des entreprises, ces distinctions qui reflètent le degré d’intégration des enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans les pratiques managériales devront désormais être présentées avec plus de précision quant à leur signification (avec un renvoi à la « page de reconnaissance »).

Pour rappel, les médailles et badges récompensent un système de management RSE solide par rapport à d’autres acteurs, sans constituer un label ou une garantie de durabilité produit.

Source : EcoVadis

B Corp renforce drastiquement ses critères

Le label B Corp, emblématique pour les organisations engagées dans des pratiques responsables, durcit considérablement ses conditions d’obtention à partir de février 2026. L’ancien système basé sur un score total minimal (80/200) est abandonné au profit d’exigences thématiques obligatoires, imposant une conformité minimale dans chaque domaine d’impact (gouvernance, environnement, social…). Cette refonte vise à renforcer la crédibilité et l’intégrité du label, jusqu’ici critiqué pour un manque d’exigence perçu malgré son attrait auprès de nombreux acteurs de la French Tech et au-delà.

Source : novethic

Création du statut de Jeune Entreprise Innovante à Impact

Le budget 2026 français a intégré la création d’un nouveau statut destiné aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) engagées dans l’innovation à impact social et environnemental. Baptisé « Jeune Entreprise Innovante à Impact » (JEII), il étend les avantages associés au régime des Jeunes Entreprises Innovantes pour inclure des exonérations de cotisations sociales, une exonération partielle d’impôt sur les sociétés pour 24 mois et des réductions d’impôt pour les investisseurs individuels. Une première reconnaissance légale forte des modèles d’affaires orientés vers la transition écologique et sociale.

Source : novethic

Climat : les entreprises face au dérèglement climatique

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Crues et inondations paralysent l’économie française

Les crues exceptionnelles et les inondations survenues en début d’année 2026 ont eu un effet paralysant sur plusieurs secteurs économiques français, des agriculteurs aux commerces locaux, en passant par des industries régionales. Ces phénomènes météorologiques, exacerbés par le dérèglement climatique, illustrent la vulnérabilité croissante des actifs économiques face aux événements extrêmes, soulignant l’urgence des stratégies d’adaptation. Les aléas climatiques relèvent désormais d’un réel risque structurel pour certaines activités.

Source : novethic

Le rythme du réchauffement climatique inscrit dans la loi

Un décret et un arrêté publiés en janvier 2026 inscrivent pour la première fois dans la réglementation française une trajectoire de réchauffement climatique de référence. Celle-ci fixe une augmentation moyenne des températures de +2°C d’ici 2030, +2,7°C en 2050 et +4°C à l’horizon 2100 pour la métropole, par rapport à l’ère préindustrielle.

Même si ce cadre n’a pas de valeur opposable directe, son intégration dans la réglementation constitue un signal institutionnel fort sur la réalité des trajectoires climatiques d’ici la fin du siècle. Ces trajectoires vont progressivement structurer les normes et les attentes envers les entreprises.

Source : lemonde

Nouvelle feuille de route énergétique

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3), dévoilée en février 2026, fixe des objectifs ambitieux pour accélérer l’électrification et réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées. Cette feuille de route vise à renforcer la souveraineté énergétique tout en donnant une trajectoire claire à long terme pour les secteurs industriels et les stratégies d’investissement durable.

👉 L’objectif est d’atteindre 60% d’énergie décarbonée dans la consommation finale d’ici 2030, contre une majorité fossile aujourd’hui, en combinant renouvelables et nucléaire.

Source : info.gouv

SBTi et plans de transition

Dans un contexte de tensions accrues autour de la transformation des modèles d’affaires, la Science Based Targets initiative (SBTi), label de référence mondial pour la décarbonation des entreprises, change de cap. On ne parle plus seulement d’engagements ou d’objectifs chiffrés, mais de plans de transition concrets, vérifiables, audités et comparables. L’enjeu n’est donc plus de fédérer largement autour de principes, mais de faire émerger une distinction claire entre les organisations qui engagent une vraie transformation et celles qui se contentent d’afficher des intentions.

Source : novethic

Marchés publics : l’environnement devient un critère structurant

La loi Climat et Résilience continue de produire des effets très concrets dans les pratiques d’achats publics. Dès le 22 août 2026, les acheteurs publics auront l’obligation d’intégrer des considérations environnementales dans leurs marchés, que ce soit via des clauses d’exécution, des spécifications techniques ou des critères d’attribution.

Pour de nombreux secteurs, cela accélère la diffusion des exigences RSE au cœur des stratégies commerciales et des réponses aux appels d’offres. D’autant plus que les critères environnementaux dans l’analyse des offres ne seront plus basés sur des engagements mais sur des données fiables : Analyse du Cycle de Vie (ACV), Bilan Carbone… Répondre à un appel d’offre public sans données environnementales solides deviendra un handicap, voir un facteur d’exclusion.

Source : economie.gouv

Social : pression accrue des parties prenantes

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La transparence salariale à l’épreuve de la pression patronale

Sur le front social, le débat sur la transparence salariale se durcit au niveau européen. La proposition de directive visant à renforcer les obligations des entreprises en matière de transparence des différences de rémunération entre genres est aujourd’hui confrontée à une forte pression patronale, qui met en avant les coûts de conformité et les risques pour la compétitivité. Cet enjeu souligne les tensions auxquelles les décideurs doivent répondre pour concilier équité sociale, attractivité économique et attentes des parties prenantes.

Source : RSEDataNews

Mobilisation citoyenne contre la Loi Duplomb : acte 2

La pétition contre la proposition de loi dite « Non c’est Non, Monsieur Duplomb ! », visant à réintroduire certains pesticides controversés, a dépassé les 100 000 signatures en seulement 24h, relançant le débat public autour de l’articulation entre législation, santé environnementale et responsabilité sociétale. Une mobilisation qui s’inscrit dans un contexte politique plus large, et qui vise maintenant les 500 000 signatures et s’en approche progressivement.

Lien vers la pétition

Nos experts

  • Marine BAILLY
  • Consultante RSE
    Responsable formations