Veille RSE

Veille RSE : édition d’avril 2026

Avril 2026 : la transition s’accélère et les obligations se précisent pour les entreprises

Entre nouvelles obligations réglementaires, indicateurs climatiques qui franchissent des seuils et attentes sociales qui se formalisent juridiquement, avril 2026 illustre à nouveau la convergence des pressions qui pèsent sur les entreprises. La question n’est plus de savoir si la transition est nécessaire, mais à quelle vitesse chaque organisation est en mesure de l’intégrer dans ses pratiques. Tour d’horizon de notre veille RSE du mois d’avril :

Règlementaire : nouvelles contraintes et opportunités d’anticipation

EUDR : compte à rebours pour les filières à risque de déforestation

Le règlement européen sur la déforestation (EUDR) continue de structurer l’agenda de conformité de nombreuses entreprises. Malgré les discussions autour de l’omnibus réglementaire européen susceptible d’en moduler les délais, l’obligation de diligence raisonnable reste bel et bien en marche. 7 filières sont dans le viseur :

  • Bois
  • Cacao
  • Café
  • Huile de palme
  • Caoutchouc
  • Soja
  • Bétail
  • Ainsi que l’ensemble de leurs produits dérivés

Concrètement, les entreprises qui mettent ces matières premières sur le marché européen devront être en mesure de prouver qu’elles ne proviennent pas de terres déboisées ou dégradées après le 31 décembre 2020. Cela implique de former les acheteurs, de cartographier précisément ses fournisseurs de rang 1 et de rang 2, d’exiger des données de géolocalisation des parcelles agricoles et de mettre en place un système de traçabilité documenté. La pression des donneurs d’ordres grands comptes risque d’être croissante.

Source : Commission européenne

Les donneurs d’ordres bientôt soumis à un quota de poids lourds zéro émission

Le premier volet du Plan de robustesse de l’économie française publié par le Shift Project en avril 2026 met notamment en lumière un dispositif réglementaire dont beaucoup d’entreprises ignorent encore l’existence : l’article 18 de la loi cadre transport. Ce texte impose aux chargeurs, donneurs d’ordres et commissionnaires de transport une obligation progressive de recours à des poids lourds zéro émission (électriques ou à hydrogène) pour une part croissante de leurs prestations de transport routier.

Le calendrier est précis : dès 2026, la part minimale de transport réalisé en poids lourds électriques ou à hydrogène est fixée à 0,5% du volume annuel facturé. Cet objectif monte progressivement pour atteindre 30% en 2035. Si ce seuil peut sembler faible aujourd’hui, la trajectoire est exigeante et nécessite d’engager dès maintenant un dialogue structuré avec ses prestataires logistiques, de commencer à tracer les données de transport et d’intégrer ces critères dans les appels d’offres. Les entreprises industrielles et de distribution ayant des flux logistiques significatifs doivent inscrire ce sujet à leur agenda stratégique sans attendre.

Source : The Shift Project – Plan de robustesse de l’économie française

Le plan d’électrification du gouvernement dévoilé dans son intégralité

Très attendu, le plan d’électrification du gouvernement français a enfin été présenté dans sa version complète fin avril 2026. Ce plan ambitieux vise à accélérer la décarbonation des usages énergétiques en France (mobilité, industrie, bâtiment) en s’appuyant sur un mix électrique décarboné grâce au nucléaire et aux renouvelables.

Pour les entreprises, ce document constitue une feuille de route à double lecture : d’une part, il annonce des soutiens et des mécanismes d’accompagnement pour la transition des flottes, des équipements industriels et des bâtiments ; d’autre part, il inscrit dans la durée des obligations croissantes d’électrification qui devront être intégrées dans les stratégies d’investissement et les plans pluriannuels.

Source : RSE Data News

Climat : quand les chiffres parlent plus fort que les grands discours

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La France a épuisé sa part des ressources annuelles de la planète

Cette année, le jour du dépassement de la France est tombé le 24 avril. Selon les calculs du Global Footprint Network, si l’ensemble de la population mondiale vivait avec l’empreinte écologique moyenne d’un citoyen français, l’humanité aurait déjà consommé l’intégralité des ressources que la Terre est capable de régénérer en une année. Ce symbole fort rappelle que la France, malgré ses ambitions climatiques affichées, demeure une nation dont le mode de vie dépasse largement les limites planétaires.

Pour les entreprises, ce signal ne doit pas rester abstrait : il interroge directement les modèles de production, de consommation et de chaîne d’approvisionnement. Réduire son empreinte matière, allonger la durée de vie des produits, repenser la mobilité ou encore sobriété énergétique ne sont plus des options périphériques.

Source : Vert.eco

Renouvelables vs charbon : une bascule historique dans la production d’électricité mondiale

C’est une première dans l’histoire de l’énergie mondiale : en 2025, l’ensemble des énergies renouvelables a produit plus d’électricité que le charbon à l’échelle planétaire. Selon les données relayées par Novethic, les renouvelables ont fourni plus de 10 700 TWh, représentant 33,8% du mix électrique mondial. Le solaire et l’éolien ont été les moteurs de cette progression, portés par des coûts en chute libre et des politiques d’investissement massives en Europe, en Chine et aux États-Unis.

Ce renversement de tendance est une bonne nouvelle pour la transition bas-carbone, mais le charbon reste massivement utilisé dans de nombreuses économies émergentes, et la demande mondiale d’énergie continue de croître. Pour les entreprises engagées dans une stratégie Scope 2, ce contexte justifie de s’orienter vers des contrats d’approvisionnement en énergie renouvelable (PPA) et de renforcer leur traçabilité énergétique.

Source : Novethic

Social / Sociétal : des attentes aux exigences

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Index Égalité F/H : le temps des audits a succédé au temps des déclarations

Depuis mars 2026, le régime de l’Index Égalité Femmes-Hommes entre dans une nouvelle phase. Pour les entreprises de plus de 50 salariés, l’obligation de publication est désormais couplée à une obligation de résultats progressifs. Plus concrètement, l’inspection du travail a renforcé ses contrôles sur la réalité des mesures correctives engagées par les entreprises ayant obtenu un score inférieur à 75/100 sur 3 années consécutives.

On passe alors d’une logique de transparence (publier un score) à une logique de redevabilité, c’est à dire prouver que des actions ont été mises en œuvre et qu’elles produisent des résultats mesurables. Pour les DRH et les Responsables RSE, cela implique de documenter rigoureusement les plans d’action, de suivre les indicateurs dans le temps et d’être en capacité de présenter des preuves tangibles d’évolution lors d’un éventuel contrôle.

Source : Les Échos Solutions

IA et gouvernance d’entreprise : les investisseurs montent au créneau lors des AG 2026

La saison des assemblées générales 2026 s’annonce sous le signe de l’intelligence artificielle. L’IA s’impose comme l’un des sujets prioritaires portés par les investisseurs institutionnels, qui attendent des entreprises des informations concrètes sur leur approche de cette technologie. 2 demandes se dégagent particulièrement :

  • La formation du conseil d’administration aux enjeux de l’IA : risques, opportunités, éthique, sécurité des données
  • Pour les entreprises les plus exposées, la nomination d’un administrateur disposant d’une expertise réelle sur ces sujets

Derrière ces requêtes, c’est la question de la supervision et de la gouvernance responsable de l’IA qui est posée. Pour les directions générales, l’IA n’est plus un sujet réservé à la DSI ou aux équipes produit, elle devient un enjeu de gouvernance à part entière, qui doit trouver sa place dans les comités de direction et les rapports de durabilité.

→ Une dimension de gouvernance d’autant plus urgente qu’un autre angle commence à émerger : celui de l’impact psychologique de l’IA sur les collaborateurs. Novethic a documenté un phénomène en progression : celui des salariés qui, confrontés quotidiennement aux performances de l’IA, développent un sentiment de déclassement et perdent progressivement le sens de leur travail, une réalité que les entreprises auront de plus en plus de mal à ignorer dans leurs politiques QVT.

Source : Novethic

  • Marine BAILLY
  • Consultante RSE
    Responsable formations

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