Veille RSE juin

Veille RSE : édition de juin / juillet 2026

Juin / juillet 2026 : alerte rouge canicule et toujours plus d’évolutions réglementaires

Le mois de juin a été marqué par une chaleur inédite (39°c chez nous à Lyon), illustrant à quel point la RSE et la transition écologique s’ancre désormais dans le réel plutôt que dans la seule déclaration d’intention. Le climat s’impose comme une contrainte opérationnelle immédiate et la réglementation continue d’évoluer au gré des arbitrages européens et nationaux (CSRD, VSME/VS, SBTi v2, décisions de justice qui redessinent les contours du devoir de vigilance…). Voici les actualités qu’il ne fallait pas manquer en juin 2026 et ce que ça implique concrètement pour votre stratégie RSE.

 

Veille RSE

Climat : quand le thermomètre dicte la stratégie

Été 2026 : chaleur extrême et flammes s’enchaînent

La France vit son 3ème épisode caniculaire en moins de 3 mois. Le 13 juillet, 37 départements étaient en vigilance rouge et 47 en orange, avec jusqu’à 43°C attendus selon les modèles météo. Côté incendies, plus de 32 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis le début d’année selon la Sécurité civile, soit le double de l’an dernier à la même date. Les foyers les plus actifs touchent les Pyrénées-Orientales, la Drôme et plus récemment, la forêt de Fontainebleau.

La France brûle 2 fois plus vite que l’an dernier, et l’été n’est qu’à son début…

Source : lemonde, franceinfo, sécurité civile (point presse du 10 juillet 2026)

Travailler en pleine fournaise : focus sur les risques pour l’industrie

Pour les sites industriels, les ateliers de production, les entrepôts logistiques et les lignes situées en zones non climatisées font partie des espaces les plus exposés, avec des températures qui peuvent dépasser 40°C (largement au-delà du seuil de 33°C à partir duquel l’INRS considère le risque comme important). Au-delà de la santé des opérateurs qui est en danger, la chaleur touche directement l’outil de production lui-même : ralentissement des cadences, arrêts machines, matériel électronique qui dysfonctionne au-delà de certains seuils thermiques.

Plusieurs leviers combinés permettent de sécuriser à la fois les équipes et la continuité de production : adaptation du bâtiment (protections solaires, ventilation, pompes à chaleur géothermiques), réorganisation des horaires et des cadences (décalage des prises de poste, rotation sur les tâches physiques, pauses en zones rafraîchies) et équipements individuels de protection contre la chaleur. Pour un site industriel, un plan canicule formalisé n’est donc pas qu’une obligation réglementaire : c’est aussi un outil de gestion du risque de production, à documenter dans le DUERP et à tester avant la saison chaude plutôt qu’à improviser pendant un épisode de vigilance rouge.

Source : ADEME Infos

Adaptation : le grand écart entre risque et préparation 

Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, il s’agit alors d’anticiper une trajectoire durable d’adaptation. Or les entreprises, notamment les PME, accusent un retard net sur ce terrain : à peine 16% ont mis en place une stratégie pour s’adapter aux évolutions climatiques comme les canicules, selon novethic. Le déficit est particulièrement marqué chez les plus petites structures, pourtant très exposées aux conséquences directes de la chaleur sur leur activité, qu’il s’agisse de la productivité, de la continuité de production ou de la santé des salariés. Ce décalage entre l’intensité du risque et le niveau de préparation constitue un point de vigilance majeur pour les prochains mois, à mesure que les épisodes de canicule se rapprochent dans le calendrier et gagnent en intensité.

Nos conseils concrets à destination des PME : réaliser un diagnostic de vulnérabilité climatique, formaliser un plan d’adaptation opérationnel et mobiliser des dispositifs de financement existants, à l’image du Fonds Chaleur de l’ADEME mobilisé par certaines entreprises pour financer l’isolation ou le géocooling de leurs locaux.

Source : Novethic

 

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Réglementaire : entre simplification et jurisprudence

SBTi v2 : ce qui change

Le 11 juin 2026, la Science Based Targets initiative a publié la version 2 de son Net Zero Corporate Standard, très attendue par les entreprises engagées dans une trajectoire de neutralité carbone. Ce nouveau texte est salué pour sa plus grande flexibilité méthodologique, mais il fait aussi l’objet de critiques de la part de certains acteurs qui y voient un risque d’affaiblissement de l’exigence de rigueur scientifique.

Pour les entreprises, ce changement de règles n’a pas d’effet immédiat sur les objectifs déjà validés ou en cours de validation pour 2026 : la bascule vers la v2 restera un choix possible à partir de 2027, avant de devenir obligatoire en 2028.

Source : Novethic

Les dernières actus CSRD, VSME / VS, CS3D

  • Le calendrier européen de simplification continue de se préciser : la Commission européenne dispose désormais jusqu’au 18 septembre 2026 pour transformer l’avis technique de l’EFRAG sur les ESRS simplifiées en acte délégué officiel, une révision qui doit réduire d’environ 70% le volume de données à reporter.
  • Le standard volontaire VSME ou VS doit, lui, être formellement adopté cet été : il devient la référence de fait pour les PME grâce au mécanisme de Value Chain Cap, qui interdit aux grands donneurs d’ordres soumis à la CSRD d’exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà de ce socle.
  • Côté France, la transposition nationale de la CSRD et de la CS3D reste attendue pour mars 2027, avec l’obligation de « détricoter » le dispositif déjà transposé sous l’ancienne version du texte.
  • Dans le même temps, une décision de justice vient contredire l’allègement des obligations liées à la responsabilité des entreprises sur leur chaîne de valeur : le tribunal judiciaire de Paris a enjoint TotalEnergies d’intégrer, sous 6 mois, les émissions indirectes liées à ses clients (son Scope 3) dans son plan de vigilance, à la suite d’une action portée par des ONG et la Ville de Paris. Cette décision constitue une jurisprudence importante sur l’étendue de la responsabilité climatique des grandes entreprises, indépendamment des seuils et exemptions introduits au niveau européen.

Source : WeCount, Novethic

Loi anti fast-fashion adoptée mais décevante

Après plus de 2 ans de travail législatif, la loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile a été adoptée définitivement par le Sénat le 29 juin, après le vote favorable de l’Assemblée nationale le 24 juin. Le texte cible les producteurs de mode dite « ultra express », définis par 2 critères désormais cumulatifs : un nombre élevé de références de produits neufs et une faible incitation à la réparation, ce qui inquiète les associations qui redoutent que ce cumul permette à certains acteurs d’échapper au dispositif. Ces entreprises devront verser un malus à un éco-organisme, allant de 25 centimes à 12 euros par produit dès 2026 puis de 2 à 20 euros en 2030, dans la limite de 50% du prix de vente.

Le texte interdit également la publicité pour ces produits, y compris la promotion par des influenceurs à titre onéreux ou gratuit, sous peine d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros, et impose l’affichage de messages incitant à la sobriété, à la réparation, à la réutilisation et au recyclage. Pour les entreprises du secteur textile, la vigilance porte désormais sur la publication des décrets d’application, qui fixeront les seuils précis et détermineront concrètement le périmètre des marques concernées. Les organisations comme la coalition Stop fast-fashion ont d’ailleurs annoncé qu’elles feraient entendre leur voix à ce stade, ce qui laisse présager des débats supplémentaires sur les critères d’application.

Source : Carenews

 

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Social : les tensions derrière les engagements

Les agences de la transition écologique en danger

Les salariés des établissements publics de la transition écologique et sanitaire, dont l’ADEME, Santé publique France, l’Office français de la biodiversité et Météo-France, se sont mobilisés pour dénoncer la baisse de leurs moyens et de leur autonomie scientifique. Le gouvernement a certes renoncé à son projet de réforme controversée de l’ADEME qui prévoyait un rapprochement forcé entre ses antennes régionales et les Dreal. Mais les syndicats alertent sur une tendance de fond : entre 2013 et 2024, 30% des effectifs de Météo-France ont été supprimés et le Fonds vert de l’ADEME, qui finance notamment l’adaptation des écoles et des hôpitaux au réchauffement climatique, a été réduit de 20% début juin, en pleine période de canicule.

Plusieurs témoignages évoquent aussi une mise sous tutelle politique croissante des communications de ces agences, avec des campagnes de prévention retardées ou des guides retirés sur demande du gouvernement. Pour les entreprises qui s’appuient sur les diagnostics, les référentiels et les dispositifs de financement de ces agences, cette fragilisation constitue un risque à surveiller, qu’il s’agisse de la disponibilité du Fonds vert ou encore du Bilan Carbone.

Source : Vert

Inégalités en entreprise : le fossé continue de se creuser

Oxfam a publié son Corporate Inequality Framework, un outil élaboré avec Data for Good qui analyse la contribution des 100 plus grandes entreprises européennes aux inégalités sociales, politiques, économiques et environnementales sur la période 2022 à 2024. Les chiffres sont marquants :

  • Ces entreprises ont versé en moyenne 70% de leurs bénéfices à leurs actionnaires (un taux qui monte à 73% pour les entreprises françaises analysées).
  • Tandis que la rémunération des dirigeants atteignait en moyenne 78 fois le salaire moyen des entreprises en 2024, avec des écarts pouvant grimper jusqu’à 361 fois.
  • Sur le plan climatique, ces mêmes entreprises représentaient 26% des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2024, et 48 d’entre elles ont versé près de 32 fois plus de dividendes à leurs actionnaires qu’elles n’ont investi dans la transition écologique.
  • Autre signal préoccupant sur la diversité, 79% des entreprises se sont fixé des objectifs assortis de délais en matière de diversité, d’équité et d’inclusion, mais seulement 1% les met effectivement en œuvre dans ses propres activités.

Ce rapport rappelle qu’il devient important d’expliquer clairement comment sont réparties les ressources entre salaires, climat et social. Sans cette transparence, l’écart entre ce que l’entreprise dit et ce qu’elle fait devient un risque pour son image, de plus en plus scruté par les parties prenantes.

Source : Oxfam France

  • Marine BAILLY
  • Consultante RSE
    Responsable formations

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